• Chemin de Haine - Texte complet (Actualisation 10/2017)

    Ce texte est susceptible de choquer certaines personnes, à cause de la violence de certains discours et faits racontés. Ce n'est pas un exemple à suivre...

     

    Chapitre Premier : la construction de l’idéal.

     

    Tout le monde ou presque connaît l'existence de la musique Hard Rock, et de sa descendance, le Metal. Mais qui connaît réellement les Metalleux, leur univers, et ce qui peut parfois se cacher derrière une culture extrême ? C'est le sujet de ce récit. Vous y découvrirez mon entrée dans le milieu Metal, mes rencontres, mes délires, mes moments de joie et de tristesse, mais aussi la maladie que j'ai vécu, et son rapport avec le Metal le plus extrême et la culture où il tire ses références fantastiques, mystiques, idéologiques.

    Ma « marginalité » m’a toujours valu moqueries, brimades, harcèlement scolaire, ça n’est pas étranger à la souffrance personnelle toujours en moi. Mais je ne m’attendais pas à ça. Pas à une telle descente aux enfers, pas cette peine.

    Tout ce qui est décrit dans ce récit m’est réellement arrivé. J'ai peut être oublié quelques détails, mais l'essentiel y est. Évidemment, pour des raisons de confidentialité, les noms/pseudonymes de certaines personnes prenant part à l'histoire ont été modifiés, ou n'ont pas été précisés. La maladie que j’ai vécu fait que certains faits évoqués pendant ma souffrance n’ont peut être tout simplement pas eu lieu, ou pas d’une façon aussi brutale que les symptômes de la maladie me le faisaient « percevoir », il faut l’admettre.

    Vous comprendrez donc que je parle de la schizophrénie. Il faut bien comprendre que cette maladie, même une fois « stabilisée », continue à avoir des effets plus ou moins dérangeants sur le système nerveux, sur le raisonnement, sur la perception des choses et des attitudes de l’autre. Ne soyez donc pas étonnés par la formulation « brut de décoffrage », voire carrément vulgaire, de certaines phrases et idées exposées dans ce récit.

    Avant de me mettre à écouter du Metal, j'écoutais de la musique plutôt commune et relativement facile d'accès : Renaud, Mark Knopfler et les Dire Straits, Midnight Oil, Dido, Lene Marlin, des choses de ce genre. Quand j'étais jeune collégien, j'écoutais même du rap français, mais j'ai vite arrêté. En tout cas, à l'âge de 19 ans, j'ai découvert avec intérêt et excitation la musique Metal, et la culture Geek, sans penser une seule seconde que tout ça allait me conduire si bas, si loin, à l’opposé total d’une vie normale de lycéen… Jusqu’à lors, j’avais des activités assez peu communes pour un jeune homme, même à l’époque. Le train miniature, la collection de timbres, le vélo de route en amateur, et le bricolage sur les vélos. Je n’ai jamais aimé le football, avatar de la « culture officielle » de la ville où j’ai passé ma jeunesse et une partie de ma vie d’adulte. Pas plus que ces saloperies de Pokémon ou de Tamagotchi. Les livres m’ont appris ce que je voulais apprendre , ce que je cherchais à apprendre, ni plus ni moins, et j’ai été comblé.

    Cela a commencé à l'été 2005. J'avais dix-neuf ans à l'époque, et j'étais en vacances, après un Baccalauréat obtenu de justesse. Je me promenais dans les allées d'un grand centre commercial de Grenoble, quand soudain, en devanture d'un disquaire bien connu, je vis un album d'un groupe que je ne connaissais pas : Iron Maiden. La pochette représentant un char romain tracté par des chevaux démoniaques et menée par une momie m'attirant, je fis un tour sur Internet pour voir à quoi cela ressemblait, curiosité.

    Et là... le choc ! Je découvrais une musique que j'ignorais jusqu'à lors : le Heavy Metal. Des guitares et une basse sur-amplifiées, une batterie ravageuse, un chanteur habillé en cuir, à la voix puissante et prenante... Ni une ni deux, j'ai acheté ce CD. C'était le double album « Death On The Road »... Je l'ai écouté sans me lasser. Et je l'écoute encore aujourd'hui... L'engrenage s'était animé... Un album, puis deux, puis on connaît la suite, en général, dans la passion de la musique.


    Ayant décidé de me raser la tête pour aller sous les drapeaux, en l'occurrence au sein de la Marine Nationale, je suis parti pour Toulon, en septembre de la même année.

     

    Sous l'uniforme, je n'excellais pas, encore moins en sport... Je m'attirais les foudres de mes supérieurs hiérarchiques directs, à savoir deux sous-officiers particulièrement méprisants et imbus d'eux mêmes... Aujourd'hui encore, je me souviens de leurs voix me disant à quel point j'étais nul... Heureusement, j'avais ma musique pour penser autre chose pendant les rares moments de temps libre. Et ma musique préférée était bien sûr... Iron Maiden ! J'écoutais chaque chanson sans me lasser. Au son de « Wasted Years », je pensais à mon enfance, comme un nouveau « Mistral Gagnant », à celui de « Aces High » j'avais une pensée pour les aviateurs de la RAF pendant la Seconde Guerre Mondiale, … et ainsi de suite.

     

    Un jour froid et venteux de novembre, je me baladais nonchalamment sur le port de Saint-Mandrier, où se tenait une petite brocante. Je passais de stand en stand, quand soudain, un carton attira mon attention... Il était rempli d'une cinquantaine de CD compilations, offerts avec les magazines de hard rock, que je ne connaissais pas encore... Dont le fameux « Hard Rock Magazine » ! Une occasion en or. J'ai demandé au vendeur combien il voulait en tirer, et à force de négocier, j'ai acheté tous les CD pour une vingtaine d'euros... C'est ainsi que j'ai commencé à écouter autre chose que Iron Maiden... en bref, du Death Metal, du Thrash, du Grindcore, et deux ou trois morceaux de Black Metal. J'ai ainsi découvert des groupes comme Seth, excellent Black Metal français, que j'écoute encore aujourd'hui.

     

    Par effet d'engrenage, j'ai acheté Metallian, et j'ai accroché de suite ! Cet univers me plaisait, j'étais tombé dedans. Des chroniques d'albums, des interviews de groupes, des adresses, des petites annonces... tout ce qu'il me fallait ! J’étais conquis. J’avais mis le pied dans une culture qui me fournissait de l’évasion, du rêve, un autre univers, un idéal.

     

    Mais hélas, le Metal ne m'a pas donné la force de réussir ma formation de technicien radio et informatique. Premier revers professionnel, depuis le temps, de l'eau a coulé sous les ponts.

     

    J'ai quitté la Marine Nationale de mon propre chef, au mois d'avril 2006, sachant pertinemment que je n'étais pas fait pour ce métier là... Contrairement aux autres de la formation, et de toute la base d'ailleurs, je n'ai jamais réussi à « débrancher mon cerveau » une fois entré sur le site, et à ne le rebrancher qu'en permission... Le retour à la maison fut relativement facile, la famille accepta. « Tu feras autre chose ». Ainsi soit-il. Je n'ai rien gardé de cette époque, hormis le bachis, le fameux couvre-chef des matelots... Maman doit l'avoir encore quelque part dans un carton.

     


    Chapitre II : Cornes du diable et petite reine.

     

    Je venais donc de subir un échec professionnel. Alors commença une longue période d'inactivité... Je n'avais que mon baccalauréat STT (maintenant STMG) en poche, pas évident de trouver du travail avec ce diplôme comme seul bagage… « Classes à chômeurs », pour remplir les quotas.

     

    Niveau opinions politiques, j'ai basculé. Plutôt de gauche, tendance communiste, à la fin de ma scolarité, mon départ de la Marine Nationale m'a dégoûté de beaucoup de choses... C'est ainsi que je me suis mis à fréquenter les milieux libertaires, et certains « objecteurs de croissance », ou militants de la décroissance. J'ai eu participé à de nombreuses réunions assez barrées, voire ésotériques, entre vieux militants libertaires désabusés, et jeunes cons à vélo dans mon genre... Et ce sur tous les thèmes possibles et imaginables, ça allait du droit des étrangers à la lutte contre le fascisme, et aux manifestations, avec force slogans évocateurs, révolutionnaires, parfois violents.



    Ce que je ne savais évidemment pas, c'est que les autorités se préoccupent de savoir ce que deviennent les anciens militaires, et je n'y fais pas exception... Vous le lirez plus tard dans ce récit. Disons que les circonstances professionnelles ne m’ont pas aidé non plus, dans toute cette sombre histoire. « Du passé, faisons table rase » ? Non, pas vraiment. Jamais, même, pour ce qui me concerne.

     

    Je me souviens notamment avoir participé à un forum « antibagnole », parce qu'à l'époque des faits, je n'avais pas encore mon permis de conduire, et je n'en voulais pas... Je voyais la voiture comme un outil d'asservissement, un objet démontrant la réussite sociale (ou non), la puissance compensatrice d'une défaillance de virilité pour les hommes, et un indispensable accessoire de mode pour les femmes (la publicité me donnait raison), et la pollution. Je noyais en fait ma haine de la société de consommation dans ce thème... Vous verrez le revirement qui a suivi. Et je n'en suis pas fier... Encore aujourd'hui, j'y repense, et il m'arrive d'avoir honte, de regretter sincèrement... Mais ce qui est fait est fait.

     

    Je me rappelle également avoir participé à un concours organisé par un site internet Américain, intitulé « Fuck your Hummer »... Le but était simple : se faire prendre en photo devant un 4x4 de cette marque, connus pour être parmi les voitures les plus polluantes au monde, et faire un magnifique doigt. Ils ont publié ma photo sur leur site, d'ailleurs, je dois encore y être. En fait, je détestais le côté puissance, force, instrument de domination de la voiture, surtout en ville. Donc je me déplaçais à vélo ou en transports en commun, et je ne manquais jamais de hurler sur un automobiliste imprudent ou con qui venait de me serrer de trop près ou de me griller la priorité. J'ai également participé à plusieurs « Vélorution », des manifestations festives à vélo pour réclamer plus en faveur du vélo, en zone urbaine. Car, si je considérais le vélo comme un moyen de déplacement à part entière, c'était loin d'être le cas de tout le monde à Grenoble. Au mieux, c'était un sport pour certains, au pire, une façon d'user jusqu'à la corde un vélo de supermarché sur une piste cyclable de trois kilomètres, pendant le weekend ou les vacances...

     

    Je suis allé à mon premier concert de Metal au printemps 2006... c'était une soirée à but caritatif, pour une association d'enfants malades, c'est dire si les Metalleux ont du cœur ! J'ai apprécié la musique, l'ambiance, les discussions... Bref, je me sentais à l'aise ! Je portais fièrement mon premier t shirt Metal : Iron Maiden, « The Number Of The Beast » !

     

    Professionnellement parlant, en revanche, ce n'était pas la fête. Pas de travail pendant 7 mois consécutifs... Un projet de formation, peut être, pour devenir technicien en construction de maisons à ossature bois. Le centre de formation était sur Montélimar, ils étaient emballés pour m'accueillir, et il ne me restait plus qu'à trouver un maître d'apprentissage. Pourquoi pas. Mais à l'époque, je n'avais pas encore le permis de conduire, ce qui est un handicap... Donc je commençais par passer mon code, que j'ai eu plus tard... J'avoue que la détermination de ma famille à me voir obtenir ce papier rose y fut pour quelque chose.

     

    A ce moment, j'ai découvert le Folk/Pagan Metal, par le biais de groupes comme Finntroll, Eluveitie, Manegarm, Ensiferum. Ce fut une révélation ! Je me suis passionné pour les cultures celtes et scandinaves, la mythologie, les dolmens et les créatures fantastiques... Je dévorais des romans fantasy contant les existences de braves chevaliers et de nains barbus allant combattre des monstres dans les régions les plus hostiles d'un monde imaginaire, celles des elfes peuplant leurs forêts magiques et se préparant à une inévitable guerre, ou celles de barbares se mettant sous la protection d'un vénérable dragon de bronze... Une manière de m'évader d'un quotidien pas très glorieux...

     

    Après un long été d'inactivité, je suis parti dans les Yvelines, en septembre 2006, préparer un CAP de navigation fluviale... Mais qu'est ce qui m'a pris de vouloir faire ça ! N'ayant aucune famille ni aucun ami dans la batellerie, je ne connaissais pas bien ce métier, mais j'avais toujours autant envie de voyager, de voir du pays, peu importe le boulot.



    Ainsi, je commençais de nouveaux cours. Matelotage, navigation, mécanique moteurs, pratique, électricité... et une remise à niveau en français, dont je me serai bien passé. Le tout au sein d'un centre d'apprentissage où nous étions, moi et mes amis futurs bateliers, la risée de toutes les classes… Tout d'abord, je fus accepté en apprentissage sur un bateau de croisière fluviale, d'une compagnie bien connue, que je ne nommerai pas. Horaires infernales, exploitation, brimades, menaces de coups et blessures, voire de mort (!)

     

    J'ai tenu deux mois avant de jeter l'éponge, et de changer de navire. Je suis parti alors sur une péniche transportant du blé ou du charbon. Pire encore... Il fallait sans arrêt être sur le qui vive pour passer les écluses, nettoyer le pont ou la salle des machines, faire le larbin, dans les grandes longueurs. A toute heure du jour et de la nuit. Et employé par un patron qui ne trouvait rien de mieux à dire que « les gens d'à terre ne connaissent pas le métier, de toute façon ». Les « gens d'à terre », sous entendu moi, un « étranger », vu que je n'avais pas de famille « dans le métier ». Bien sûr, je continuais à écouter du Metal, mais ça ne m'empêchait pas de connaître des moments de déprime, de mal du pays plutôt que de mal de mer... J'ai quitté le « métier » dans la douleur, et suis à nouveau rentré chez moi, en larmes. Deuxième échec professionnel...

     

    Une semaine après mon retour, j'avais déjà retrouvé du travail, à la mise en rayon dans un supermarché. Puis à la plonge, dans une cafétéria. Puis dans une station service... N'ayant toujours pas le permis de conduire, j'y allais en vélo ou en transports en commun. C'est alors que je me suis dit : plus d'hésitation. Je veux un meilleur travail, un travail qui me plaise vraiment, dans lequel je m'éclate... Pour y faire ma carrière. J'ai obtenu mon permis de conduire, finalement, en février 2007, le jour de mes 21 ans. J'ai alors pensé au transport routier de marchandises. Et pourquoi pas ? Alors, prise de contact avec un centre de formation bien connu, dans le nord Isère, et j'ai appris qu'il existait un CAP conduite routière de camions, en un an ! Maintenant, vous voyez pourquoi je vous parlais de revirement plus haut...

     
    A partir de ce moment, j'avais un seul rêve : m'acheter un vieux camping-car, et vivre en nomade, sur la route. J'avais envie de quitter Grenoble, j'avais envie de liberté et de nature, de grands espaces... Sur Internet, je surveillais les annonces spécialisées, et les forums parlant de camping-cars ou de fourgons aménagés… C'était pour ainsi dire, mon côté « hippie ». Je me suis rendu compte bien plus tard que j'étais un Metalleux avec un cœur de hippie. Mais c’est une autre histoire...

     

    Je fréquentais donc un forum, nommé « Communauté Hippie », plutôt actif à l'époque, et un autre, traitant du transport routier de marchandises. Sur ces deux forums, j'ai rencontré quelqu'un de mon âge, qui devint mon meilleur ami. JayJay, de Bourgogne... Passionné par l'Australie, la bonne bière, les camions et les vieilles voitures, partageant ma vision du monde et mon goût pour l'originalité sans limites... Beaucoup de points communs, et une amitié inébranlable aujourd'hui encore.

     

    En septembre 2007, j'ai recommencé les cours, en CAP Conduite Routière donc. Ça s'est plutôt bien passé dans l'ensemble, même si la mentalité du nord Isère est globalement lamentable, en terme de comportement au quotidien, d'aptitude à la boisson alcoolisée et ses conséquences, et de culture générale... Cela m'a permis de renforcer mes idées « de gauche », tout simplement parce que c'était la seule façon de continuer à avoir un esprit critique, en présence de phénomènes réclamant, je cite, «  le retour de la peine de mort, le renvoi dans leur pays des immigrés, et les homosexuels au bûcher... » Entre autres, évidemment.



    En juin 2008, j'étais en ville le soir de la fête de la Musique. Il y avait des concerts, notamment une scène dédiée pendant une heure au Metal... Allons y ! Mais je ne souhaitais pas y aller seul, un peu de compagnie serait pas mal... C'est alors, que croisant un groupe de jeunes de mon âge, j'appris qu'un amateur de Metal comme moi, traînait seul en ville. J'allais donc à sa rencontre, pour passer un bon moment. Pour ne pas dévoiler son identité, je le nommerai « Skog ».



    Nous nous sommes donc rencontrés, embrassés comme deux frères (nous portions à peu de choses près la même tenue, treillis et chaussures hautes avec un t shirt de groupe, lui c'était Watain, moi Finntroll...), et nous sommes allés au fameux concert. Pas mal, mais pas assez violent pour nous...

     

    Nous nous sommes amusés tout de même, dans les « pogos » (danse qui consiste à se pousser violemment, jusqu'à tomber par terre), et on a bien pratiqué le « headbang » (action de secouer la tête au rythme de la musique pour faire un moulinet avec les cheveux). Nous avons fini la soirée chez lui, en regardant un DVD d'Iron Maiden, et en dégustant une chartreuse... Bon, jusque là, rien d'anormal. Mais le pire viendra un jour …



    Quelques jours plus tard, je suis allé boire une bière avec Skog, pour mieux faire connaissance. Il m'avoua sans peine que son truc, c'était le black Metal. J'étais plutôt attiré par le Heavy et le Pagan/Folk à l'époque, mais je me suis dit : « Vive l'ouverture ! » Nous avons gardé contact. Jour après jour, ma formation s'était bien déroulée, j'étais en apprentissage. Une semaine à l'école, deux semaines chez le patron, ça dépendait du programme. J'ai appris à gérer un transport, les bases de la mécanique moteur, le calcul d'un prix de revient, d'un kilométrage... et bien sûr, à conduire un camion ! Au début, ce ne fut pas évident, surtout les manœuvres... Mais j'ai obtenu au mois de juillet 2008 mes permis poids lourd et super lourd du premier coup, et mon CAP également. Ma plus belle réussite.



    A l'été 2008, s'est produit un événement que je n'oublierai jamais... Ayant décidé de quitter Grenoble pour quelques jours, et désirant à l'époque passer quelques mois dans une communauté ou un écovillage, j'ai pris contact avec une communauté de personnes, se présentant comme des « Jesus Freaks »... Bien mal m'en a pris. J'y ai donc été, quelque part dans le nord du Gard... Je ne vous dirai pas où, pour ne pas leur faire de publicité. Peut être ce lieu n'existe-t-il tout simplement plus. J'ai tenu deux jours, à les voir chanter des cantiques, à entendre tout et n'importe quoi, notamment sur l'homosexualité, à jouer le taxi pour des bénéficiaires du RMI, avec la voiture prêtée par une amie de Maman, et le carburant que j'avais payé de ma poche... Le troisième jour, las de tout ça, j'ai quitté ce lieu sans regret. Le soir même, j'ai appelé un ami, pour lui raconter tout ça, car j'avais grand besoin de parler... Dans ma chambre d'hôtel à Valleraugue, un petit village sur la route du mont Aigoual, je me suis senti libre à nouveau... Il le fallait. Puis je suis rentré, via Pont Saint Esprit, Valence, Luc en Diois (où j'ai fait escale une nuit), Serres, et la route des Alpes pour revenir à Grenoble. J'en garde un souvenir contrasté, entre paysages magnifiques de cette région, dignes du Seigneur des Anneaux, et un lieu indescriptible, soi-disant endroit où tout le monde est bienvenu, où les jeunes de 12 ans parlent comme dans les cités et où les marginaux apportent la gale avec eux... Je crois que c'est à ce moment précis que j'ai commencé à m'intéresser aux croyances païennes et à être aussi critique envers les religions monothéistes. De fait, j'adorais lire Charlie Hebdo, pour leur capacité à provoquer la colère des trois grandes sec... euh, pardon, religions qui dominent ce monde, par le sang, par la guerre, par les menaces, par le prosélytisme, et à la relecture de ce texte… les événements récents me donnent en partie raison, sur leurs capacités de destruction.



    Chaque fin de semaine que j'avais de disponible ou presque, je prenais rendez vous avec Skog pour qu'on se voie. On commençait à se connaître, à se raconter nos vies, nos malheurs, nos moments de joie... et notre passion pour le Metal. On s'échangeait les noms de groupes, les bons plans, des adresses de sites Internet parlant de la musique que l'on aime, ainsi de suite... Chaque fois que l'on se voyait, on célébrait cela par une bonne bière, avec un toast à la Tradition, non sans humour... Je me souviens encore de nos sorties en ville... on détonnait ! Lui en New rock, avec un pantalon noir, un t shirt Watain ou Mayhem et sa veste en cuir, moi en rangers, treillis camouflage, t shirt Moonsorrow...



    J'ai par hasard retrouvé un ami commun avec Skog, en la personne du « Grand », que j'avais connu début 2007 dans un meeting politique. Lui, Metalleux plutôt cool et éclectique, bon vivant, géant par la taille et grand par l'humour ! C'est bien simple, quand on sortait à trois en ville, vu nos gabarits, personne ne venait chercher des noises ! On était tout le temps fourrés ensemble... Il faut dire que, déjà à l'époque, les Metalleux ne se montraient pas tant que ça sur Grenoble, et encore moins aujourd'hui... Par contre, du rebelle à mèches, du faux Gothique tendance lolita ou emo, ... A tous les coins de rue... Évidemment, on ne pouvait pas les voir en peinture, vu qu'ils s'incrustaient aux concerts, venaient nous quémander de la bière ou des cigarettes, et venaient nous voir sans qu'on leur demande quoi que ce soit... Nous n'avions rien en commun avec eux. J’imagine que, depuis le temps, certains ont échoué à la fac’, en Japonais ou aux Beaux Arts, ou ont fini par aller racler des grilles de friteuse chez qui vous savez, ou à la rue. Leur sort m’était indifférent à l’époque, ça n’a pas changé. Donc nous nous retrouvions aux concerts, dans la rue, ou encore chez un disquaire spécialisé Metal, bien connu à Grenoble. Le seul, d’ailleurs, dans ce style musical.

     

     

    Je travaillais toujours, et me sentais vraiment bien dans mon boulot ! En octobre 2008, je fus embauché dans une grande entreprise hollandaise de transport routier, pour faire de la citerne en produits dangereux (ce pourquoi j'avais demandé à être formé). C'était dur, mais ça me plaisait... J'avais des semaines très chargées. La Hollande ou la Belgique, j'y avais droit 2 à 3 fois par mois en général. Plus un peu d'Italie et d'Espagne... cela me permettait de voir enfin du pays ! Et de me sentir libre. J'appréciais particulièrement « descendre » du pays des Goudas via les Vosges, au crépuscule, écoutant Moonsorrow, October Falls ou Equilibrium …



    Pendant ce temps, Skog accumulait les petits boulots... Sorti du système scolaire sans diplôme, il ne trouvait rien que des emplois mal payés, et pas très gratifiants... Il partit quelques mois en Norvège, espérant refaire sa vie là bas. Puis il revint sur Grenoble, plus désabusé que jamais... Et la vie continuait. C'est alors que je fis la connaissance de Lord G., un ami de Skog, originaire de Haute Savoie. Tous deux parlaient de passer dans un reportage télévisé sur le Metal extrême, diffusé sur une chaîne privée bien connue que je ne nommerai pas. Ma réaction ? J'ai dit « pourquoi pas, mais il ne faut pas vous faire avoir ... » Vous devinez la suite, et vous avez raison.

     
    Les journalistes sont venus, les ont filmés, interrogés sur le Metal, ont insisté sur la haine inhérente au Black Metal... Et ont déformé leurs propos, les associant au satanisme, voire à des actes racistes, antisémites, ou innommables ...

     

    Le reportage qui, leur avait-on dit, devait parler du Metal, a en fait été un réquisitoire contre cette culture, en l'accusant de tous les maux de la société par l'amalgame des journalistes avec le satanisme. La réputation de Skog en a pris un coup, autant dans le milieu Metal que dans sa vie professionnelle... Heureusement que je n'ai pas participé à ce reportage, me dis-je encore aujourd'hui ! Cela dit, je n'ai jamais reconnu la capacité de cette chaîne et de ses officines de production à pondre des reportages qui ne soient pas racoleurs, partisans, diffamatoires et insultants envers le Metal et la culture Gothique en général.


                                Chapitre III : le chemin sombre vers les désolations...

     

    Je n'ai pas participé à ce reportage, d'une part parce que je ne voulais pas, et d'autre part parce que je n'étais pas sur Grenoble à ce moment. J'avais décidé d'aller chercher du travail dans le centre de la France, pour m'y installer définitivement, du moins je l'espérais. Il faut dire que ce qui m'attirait dans cette région, ce sont les prix de l'immobilier défiant toute concurrence, ainsi que les possibilités d'emploi, c'est un axe routier d'importance. Après moult recherches, descendant sur un axe Orléans - Cahors, je finis par trouver un poste correspondant à mes compétences sur Brive-la-Gaillarde. Bon, j'y suis allé. J'ai logé à l'hôtel pendant 5 mois, car je ne pouvais pas louer un appartement meublé, n'ayant signé qu'un contrat à durée déterminée... Après tout, autant le faire quand on est jeune !



    Si le premier hôtel dans lequel j'étais se révéla particulièrement miteux, à la limite de l'hôtel de passes d'ailleurs, le second était très agréable, pour le même prix, et proposait une terrasse ombragée pour se poser un peu... Ce qui arrangeait pas mal le travailleur que j'étais, quand il souffrait de la chaleur locale. L’été, il fait très chaud là-bas !



    Que dire de Brive-la-Gaillarde, à part qu'à l'époque (je ne sais pas si c'est toujours le cas aujourd'hui), c'était une ville avec un centre urbain particulièrement mal famé, beaucoup de toxicomanes en errance dans la rue, ou de gens qui cherchaient plus ou moins ouvertement à profiter de moi ...

     

     

    Par exemple, l'un d'entre eux voulait que je lui paye un café, sous prétexte qu'il m'avait fait un sourire à la terrasse d'un bar... Je n'avais jamais vu ça auparavant, dans aucune des villes où j'avais fait étape. Et je m'en rendrai compte plus tard, c'est typique du Limousin en général, région que j'aurai dû mieux apprendre à connaître avant d'envisager une installation sur place… Une fois de plus, l’avenir m’apportera la désillusion, la triste vérité, et encore un échec.

     

    Évidemment, je restais en contact via Internet et téléphone avec Skog, qui se plaignait maintenant des retombées néfastes du fameux reportage, et qui se fendait d'un mail bien senti à la journaliste concernée... Sans réponse, comme de bien entendu, elle comme la société de production ayant disparu corps et biens. Pour penser à autre chose, il me fit découvrir quelques groupes de Black Metal, dont Forteresse, Darkthrone, Carpathian Forest, Gris, Ur Falc'h, Xasthur, Mayhem et d'autres …



    Je commençais à apprécier le Black Metal, pour la noirceur de la musique, pour l’imaginaire que je découvrais, sans forcément adhérer aux idées propagées par les paroles.


    Je travaillais près de 12 heures par jour, même certains samedis, ce qui fait que les samedis libres et dimanches étaient occupés par les courses, le rangement, la machine à laver, la sieste, le ménage de la chambre et ... l'ordinateur.



    J'écoutais de la musique en permanence, et je prenais goût au Black Metal. A un moment, j'en ai eu tellement assez de la pression du travail que je pensais me mettre au chômage volontairement pour quelques mois, tout en restant fermement en Limousin. L’avant-goût de la maladie ...



    Avant de quitter Grenoble, j'avais pris contact avec un couple, vivant en Creuse et pratiquant « la décroissance ». Un mode de vie basé sur le refus de la société de consommation, l'éducation des enfants à domicile et les aides sociales... Quelle ne fut pas mon erreur d'aller les voir... et de lier amitié. Vous le comprendrez dans quelques lignes.

     

    Longtemps après, je regrette d'avoir fricoté avec cette mode de la "simplicité volontaire", que maintenant, j'assimile à rien de moins qu'une connerie à roulettes sans intérêt, autre que celui de vivre à la bougie, de refuser tout sauf le RSA et la voiture.



    Nous sommes alors en juillet 2009. Skog, à ce moment, était quelque part en Bretagne. Il projetait de faire un BEP « conduite et services dans le transport routier », mais eut des ennuis familiaux et dût rentrer sur Grenoble. Je le conseillais du mieux que je pouvais, mais je sentais bien qu'il n'avait plus goût à rien, sauf à écouter du Black Metal bien sûr. Lorsque je lui parlais sur Internet, j'avais l'impression de me retrouver face à une personne totalement différente de ce qu'il était en réalité.

     

    Il paraissait être l'incarnation humaine de la haine, de la désolation, et de l'anarchie. Telle une divinité occulte du Chaos comme les lecteurs de Warhammer les imaginent dans leurs pires cauchemars. Il me parlait de ce qu'il détestait, à savoir « les cons, les racailles, et Grenoble ». Je ne sais combien de fois, nous avons évoqué un vague projet : nous rejoindre en Limousin, trouver chacun un travail, et à terme, acheter une maison à rénover, pour y vivre... Cela ne se réalisera jamais. Je comprendrais plus tard, une fois sorti de ma crise d'idéalisme, que ce projet était irréalisable sans risques pour ma personne, vu la personnalité chaotique de Skog.



    La chaleur de l'été est passée, et en cette soirée de fin septembre 2009, je bois une bière à la terrasse d'un pub de Brive-la-Gaillarde. Le départ est proche. Mes « amis » décroissants m'ont invité à venir chez eux, pour me poser un peu. Volontiers. Je ne savais pas alors dans quoi j'allais tomber... Ça se passait comme ça : ne pas fumer, ne pas boire d'alcool, manger bio et équitable, supporter les cris et les caprices de leurs enfants, aller aux toilettes dans la sciure, se laver une fois par semaine... Mais comment ai-je fait pour ne tenir rien que deux mois ? Je ne sais pas, aujourd'hui encore je me le demande. Vous comprenez maintenant pourquoi j'ai rompu avec ce courant idéologique. Qui sont les sectaires et les extrémistes après ça ?

     

    Un jour d'octobre, j'ai vendu ma voiture pour m'acheter mon rêve : un camping car ancien des années 70. On y était. Je pouvais maintenant vivre sur la route. Mais quand ils m'ont vu rentrer au volant de mon antiquité, quand ils ont su que j'écoutais du Metal extrême et que j'étais chauffeur routier, ils m'ont demandé à grands renforts d’imprécations, d’insultes, il faut le dire, de partir. Et vive "l'écologie politique et sa tolérance" !

     

    Voilà, plus de toit, toutes les affaires dans le camping-car... A ce moment là, j'ai regretté d'avoir vendu ma voiture, parce que dans le cas contraire, j'aurai pu partir dans la nuit, tracer jusqu'à Limoges pour trouver un hôtel ou un foyer, en attendant mieux bien sûr… J'avais à ce moment là été engagé depuis une semaine dans une entreprise de transport routier, quelque part dans l'ouest de la Creuse. Un poste pas trop mal payé, mais un patron acariâtre et désagréable au possible, avec lequel il n'y avait pas possibilité de dialogue... à part des injures pas vraiment souhaitables, pas même dans le transport routier, et une considération limitée à celle d'un parasite, pas l'idéal en citerne pétrolière. Les « stations » qui roulent encore en Limousin auront reconnu le personnage... Un mois de travail, mon chèque et la porte. Ça s'est passé comme ça. Heureusement, j'avais trouvé un logement, à la Souterraine, non loin de là. Un peu cher, mais bon, ça me permettait d'avoir un point de chute au sec et au chaud …



    Plus d'emploi à partir de mi novembre ... Je me suis mis à déprimer, à me replier sur moi-même ... je passais mes journées au café (pour l'accès Wifi, qui n'existait pas encore au foyer de jeunes travailleurs), à chercher des offres d'emploi sur d'autres régions, à écouter de la musique, en discutant avec ... Skog, toujours lui. Ne trouvant pas de travail, je suis rentré à la mi-décembre sur Grenoble.



    Toujours avec mon armoire normande sur roues... J'ai retrouvé l'appartement familial... Je m'étais planté de région, pas d'emploi, ça peut arriver. J'avais maintenant une expérience dans le transport routier, des compétences, et de la volonté. Il fallait que je passe outre, que je pose mes valises, et que je reprenne une vie normale. Ou presque...

     

     

    J'ai revu Skog au Marché de Noël, on a bu un vin chaud en parlant de tout et de rien, et là il m'a dit : « Sois fort mec. Tu es revenu avec l'honneur. » Si il le dit… et à l’époque, je commençais déjà à ne plus distinguer le mysticisme du Metal extrême, du Paganisme teinté de rancœur et de haine envers le monde moderne, de mon comportement quotidien au sein de la vie réelle. Je commençais une « double vie ».



    Coup de chance pour moi, Orèl la Farfadette, une copine de longue date, m'annonce qu'un poste de chauffeur livreur est à pourvoir dans la blanchisserie où elle travaille pour la saison d'hiver. Je m'y rends sans hésiter, CV, lettre de motivation, entretien... Je suis engagé.

     

    C'est alors une expérience positive, avec de la manutention, de la conduite en montagne par conditions hivernales, des supérieurs compréhensifs, adorables même, et en plus j'étais relativement bien payé pour ce travail.

     

    Au mois de janvier, constatant que j'avais pris beaucoup de poids pendant mes aventures en Limousin, j'ai décidé de faire un régime alimentaire, sur les conseils d'un médecin nutritionniste, qui se révélera être rien de moins qu'un charlatan. Ce fut un des éléments déclencheurs de ma maladie...

     

    En février 2010, je me rends au festival « Hadra » dans le nord Isère. Et là, surprise, je fais la connaissance d'un autre Metalleux : Nordland, tout mince, habillé plus ou moins dans mon style, avec comme un air de ... Jésus ? A l'époque, les cheveux longs, la barbe et la minceur lui ont valu ce surnom par une cliente, à son boulot ! Lui aussi est étonné de voir un de ses frères d'armes dans un festival de Trance psychédélique ! Nous restons en contact, par téléphone. Entre-temps, avec Skog, c'est « comme au bon vieux temps » : nous passons nos samedis ensemble, nous partons en vadrouille avec le camping-car, nous buvons des bières en ville... Et nous parlons encore et toujours de nos vies, de nos malheurs, de nos ennemis, de nos haines, de la liste interminable de nos rancunes, comme des guerriers Nains de Warhammer se lamentant sur leur passé glorieux et guerrier, et nostalgiques des temps anciens, de leur fierté oubliée et de leur puissance ...

     

    Nos projets aussi sont souvent évoqués, il est vrai que Skog semblait attiré par les habitats légers et alternatifs, dans l’optique d’une future raréfaction du pétrole, du gaz, du charbon … et de la nécessité de revenir à la terre, rien que pour être assuré de manger "quand la société se cassera la gueule", selon ses mots. Un jour, il me dit qu'il est sur l'occasion de l'année : un terrain de 1500 mètres carrés, à vendre pour une bouchée de pain, quelque part en Lorraine, dans la Meuse il me semble. « Idéal pour s'y installer en yourte », me dit-il ! Faut voir ... Ça n'ira pas plus loin.

     

    Fin mars 2010, un samedi soir, gros concert Black Metal sur Annecy. Avec Nordland, nous décidons d'y aller en camping-car, et de dormir au retour, sur la route. Aucun problème. Je me souviendrai toujours de ce trajet interminable, au volant d'un engin improbable que l'on croyait sorti tout droit de la trilogie « Mad Max », immatriculé en Creuse bien sûr, près de 3 heures et demie par la nationale ...



    Mais pour aller voir Dark Funeral et Carach Angren en concert, on ferait bien n'importe quoi ! C'était un bon show, une bonne ambiance, une soirée très réussie ! Le lendemain midi, nous sommes rentrés sur Grenoble, vraiment fatigués, mal rasés, mais heureux, et comblés de musique !

     


    Chapitre IV : paraphe sur le pacte occulte et mystique de la haine.



    Je voyais toujours Skog, plus ou moins régulièrement. Je me souviens particulièrement d'une sortie que nous avons fait ensemble, quelque part dans les montagnes bordant la vallée de l'Isère... au début du printemps 2010. Là, il m'a raconté qu'au Moyen-Âge, une léproserie était installée à cet endroit... Avec force détails morbides, ça va de soi. Il évoquait aussi une grotte qu'il connaissait bien, qu'il prétendait avoir aménagé de bric et de broc, où il lui arrivait de se rendre pour faire des photos et rituels d'un genre particulier...



    Sans honte ni peur que j'en parle à qui que ce soit, il me parlait d'occultisme, de croyances noires, de rituels, de la « voie de la main gauche », bref, du satanisme.

     

    Il prétendait pouvoir trouver des ossements, peu importe leur origine, pour des cérémonies funestes... A l'entendre, il semblait posséder toute une installation, toute une logistique, qui lui permettait de donner consistance à sa haine de l'humanité, selon lui, « ce cancer rongeant le monde... » Pour ma part, je ne m'inquiétais plus de ses discours et textes sur une autre obsession, l'intolérance généralisée qui l'habitait... Parfois quand même, je lui disais « Tu exagères ! »... Sans grand effet. Mais, et je m'en suis rendu compte bien après, il avait toutes les caractéristiques d'un mythomane. Pas d'un petit menteur, non. De quelqu'un qui mentait sur tout et n'importe quoi, maladivement, et pour nuire. Terrible.


    Mon esprit, qui était jusqu’à lors définitivement ancré dans l'humanisme et à gauche de l' échiquier politique, n'arrivait même plus à séparer le bon grain de l'ivraie, et c'est ainsi que tout a basculé… A peu près au même moment, du moins il me semble, j'ai coupé les ponts avec le Grand, sur la base de conneries racontées par Skog... Comme quoi le Grand m'accusait de certaines choses... Une preuve de plus des changements sur ma personnalité entraînés par la fréquentation de Skog, du fait de son attitude lamentable.



    Je ne m'en rends pas compte, mais je change d'attitude peu à peu... Je deviens de plus en plus « borderline », renfermé sur moi-même, absent, désabusé, je commence à négliger ma santé, mon travail, et pire, ma famille et mes vrais amis. C'était trop tard, je venais de basculer sous l'influence de Skog. Je commençais à écouter des groupes de black Metal dépressif, tels que Gris, Nocturnal Depression, Xasthur, Woods Of Desolation, … et j'y prenais goût. Le plus crasseux et le plus désespéré possible était « le meilleur ».



    Je me mettais sur mon ordinateur pour composer des textes tous plus invraisemblables les uns que les autres, sur la tradition, les poseurs, l'extrême-gauche et le Metal, textes que je publiais sur un blog, disparu depuis bien sûr ... Une partie de mon esprit venait alors de parapher le pacte maudit de la haine.

     

    Je faisais directement référence dans un de ces textes à l'affaire de Tarnac, oui, les fameux sabotages de lignes TGV, qui faisaient grand bruit à l'époque dans les médias, et j'exprimais sans penser aux conséquences ma volonté de prendre le maquis, ainsi qu'une forme de résistance envers le monde moderne qui prenaient racine dans mon idéalisme fou, véritable fourmilière d’idées radicales. J'ai oublié de vous préciser, amis lecteurs, que l'état dépressif que je traînais depuis mon adolescence était en train de s'amplifier à ce moment là, sans que je ne m'en rende vraiment compte... Et c'est important, car c'est un terrain favorable au déclenchement d'une maladie comme la mienne.

     

    Je me rappelle particulièrement d'un concert auquel nous sommes allés sur Lyon, un jour de mai 2010. L'affiche était intéressante : Nocturnal Depression, Forgotten Tomb, et deux autres groupes. Donc nous avons fait le déplacement, toujours en camping-car ancien. La prestation de Nocturnal Depression m'a bien plu, parce qu'ils ont exécuté une reprise de Nargaroth : Seven Tears Are Flowing To The River... ce qui en français, veut dire, « Sept larmes coulent vers la rivière... » Tout un programme.

     

    Un groupe nommé « Aghonie » était programmé également, je me suis donc dit que cela pouvait être un autre combo de black Metal dépressif ou atmosphérique... Pas du tout ! C'était tout simplement un groupe de... néo-nazis, qui chantaient leur idéologie nauséabonde, entourés par deux cagoulés, brandissant chacun ce qui ressemblait à une matraque …



    Évidemment, je n’approuvais pas leurs textes, leurs idées, leur provocation à la haine et au racisme. Cela dit, dans ce genre de concerts, les opposants politiques potentiels ne sont bien sûr pas les bienvenus, au risque de se faire lyncher par 80 Metalleux échauffés par la bière, disposant peut être de skinheads en renfort non loin de la salle de concert. Il faut admettre, et ce n’est pas évident, que si la plupart des Metalleux ne font pas de politique, et ne mêlent pas musique et politique, une minorité le fait effectivement. Et, comme toujours, dans les médias et les esprits, la minorité fait tout.

     

    Skog, lui, était relativement imbibé d'alcool, il s'éclatait dans la fosse, et ma crainte était alors que la soirée tourne à la bagarre générale, pour une raison futile... Mais il n'en fût rien. Nous avons dormi sur une aire de repos, en pleine campagne, avant de rentrer le lendemain midi sur Grenoble... toujours en écoutant du Black Metal dans le poste.



    Ma vie me semblait équilibrée, mais n'était pourtant basée que sur le nihilisme et l'acceptation de la haine : je ne vivais que pour écouter du Black Metal, entretenir mon camping-car, boire des bières et rencontrer Skog. Par effet boule de neige, je me suis quelque peu fâché avec Nordland, lui aussi s'inquiétant de mon changement d'attitude. Mais le pire était encore à venir, et je ne m’y attendais pas.

     


                               Chapitre V : la descente vers les ténèbres psychotiques…


    Je continuais mon travail de chauffeur routier malgré tout, menant en quelque sorte « une double vie », entre le chauffeur routier sympa et prêt à aider, et l'aspirant sataniste... En avril 2010, à la fin de mon contrat à la blanchisserie, j'ai postulé, et je fus engagé après entretien dans une grande entreprise de transport routier, spécialisée dans la chimie et le pétrolier, se diversifiant, sérieuse et renommée, avec un poste basé au départ de Grenoble.



    Ça me plaisait... Aller charger de la soude ou de l'acide à Pont de Claix, livrer à Marseille ou à St Étienne, revenir, passer la nuit sur la route… Conduite, travail, repos, repas, douche, recommence demain… Et espère rentrer entier. Telle était ma vie. J'avais des semaines tellement chargées que je ne pouvais plus aller consulter le charlatan diplômé qui m'avait prescrit mon régime alimentaire. Bien mal m'en a pris...



    Je me souviens encore, il faisait très chaud en cette fin juin 2010. Je revenais de la région parisienne. Je venais de livrer des tuiles dans le nord Isère, quand soudain sur la rocade de Lyon, une voiture me fait de grands appels de phares. Je m'arrête en catastrophe, et me rends compte que j'avais perdu 3 cales en bois sur la chaussée.



    Le camion roulant derrière moi avait réussi à les éviter, pas la voiture qui le suivait (de bien trop près pour voir les obstacles...) Deux pneus crevés sur la voiture en question, et surtout une grosse frayeur pour son conducteur. Il s'est avéré que c'étaient deux membres de la « communauté des gens du voyage », le père et le fils, acheminant un camion vers leur domicile. Ce détail compte pour la suite du récit... Donc, constat en bonne et due forme, et je repars, tremblant de tous mes membres, épuisé nerveusement, et en proie à une forte toux... J'ai chargé à nouveau des parpaings, et je suis reparti sur Grenoble. Mais, à court d'heures de conduite, j'ai dû m'arrêter sur une aire de repos abandonnée par les Dieux et les hommes, quelque part à l'est de Lyon… Triste réalité du transport routier actuel, et de l’état des rares parkings prévus pour les chauffeurs routiers.



    Ce fut une nuit agitée, avec en prime un campement de Roms établi sur la pelouse proche de mon camion... Ma pire crainte était de me faire voler le carburant, ou de me faire agresser, purement et simplement... Je n'en ai pas dormi de la nuit. Une semaine de foutue. Je suis arrivé au dépôt le samedi matin, en larmes. L'après midi même, après une bonne douche, un repas et un peu de repos... j'ai été contacté par... Skog, encore lui, qui me proposait d'aller se balader un peu dans la nature. J'ai donc enfilé mon sarouel, un beau tee-shirt et une paire de baskets, et je l'ai rejoint. Il m'a présenté sa nouvelle petite amie, nous avons discuté... Il semblait avoir retrouvé de la volonté pour mener sa vie, je me disais, tant mieux pour lui. J'ai pris un moment pour enlever le béret que je porte à chacune de mes sorties, et me recueillir au pied d'un monument aux martyrs de la Résistance dans le Vercors. Ça l'a surpris, mais il ne me l'a pas dit ouvertement, il me l'a juste fait comprendre par un regard un peu appuyé.



    Le lendemain, dimanche, je suis allé en urgence à SOS Médecins, parce que ma toux avait empiré. Diagnostic : bronchite asthmatiforme sévère, avec risques de complications ... J'ai arrêté aussitôt de fumer, et entamé un traitement avec antibiotiques et cortisone dans tous les sens. Arrêt de travail pendant quinze jours. Je n'imaginais pas la suite du truc, que je vais vous expliquer longuement...



    Lundi, je toussais comme un tracteur, et je mouchais sans arrêt. J'avais de la difficulté à respirer, heureusement le médecin m'avait prescrit de la Ventoline. Je fus invité au restaurant japonais par Maman et une de ses collègues de travail... Et c'est là que j'ai commencé à me poser des questions.



    Rien qu'en sortant de la maison, je ressentais les odeurs en mille fois plus fort, comme si je possédais l'odorat d'un chien. J'entendais les bruits plus fort également, la tête me tournait... Je me sentais désorienté, à tel point que je dus consulter le plan du réseau de transports en commun à trois reprises, avant de trouver mon itinéraire, alors que je connais très bien le réseau de transports en commun de l'agglomération Grenobloise... Hors de question, vu mon état, de conduire pour m'y rendre, surtout pas de conduire le camping-car.



    Dans le tram et dans le bus, je me sentais presque claustrophobe, oppressé par les gens. Et je commençais à entendre des voix parlant de débris ayant causé des accidents sur l'autoroute ... Je ne sais pas combien de fois je me suis lavé les mains ce jour là, je me sentais sale … Le lendemain il me semble, après une nuit agitée, je me suis levé plutôt tard. Maman travaillait, et je restais au domicile familial, vu mon état, j'avais besoin de repos. Je me souviens juste avoir passé le balai dans tout l'appartement trois fois de suite... Et être retourné m'allonger.



    C'est alors que, dans la rue, j'ai entendu distinctement des gamins de 10 ans parler de bombes, de terroristes, d'armes à feu... A haute et intelligible voix. J'étais d'ores et déjà en train de délirer complètement, mais je ne le savais pas encore. J'ai donc attrapé le téléphone, composé le numéro de... la police municipale, et je leur ai expliqué la situation.



    Quinze minutes plus tard, j'ai entendu toutes les alarmes du quartier, et trois voitures de gendarmerie sont arrivées...

     

    Inutile de vous dire que je m'attendais à tout, sauf à ce qui est arrivé ensuite.

     

    Les trois semaines suivantes furent invivables. J'entendais distinctement des voix : mes proches, les gendarmes, les voisins, parlant au choix de : profanations de tombes (dont des actes particulièrement innommables, tel qu'un bien mal nommé « couscous obscène », je vous laisse imaginer), d'églises, de caveaux et loges funéraires, satanisme, association à but terroriste, extrême gauche, saisie d'armes et/ou d'explosifs dans une grotte, trafic d'ossements humains, trafic de déchets radioactifs, de virus tels que celui de la peste bubonique, naturisme extrême, agression de personnes âgées, meurtre, autres délits ou crimes...



    Et d'un vieux véhicule, immatriculé en Creuse évidemment, arborant des autocollants « satanistes » (ceux de groupes de Metal) ou « séditieux » (celui de l’émission « Groland » !)



    Mais à la réflexion, il est vrai que dans un pays dont la vie est rythmée par l’idéologie du « travailler plus pour gagner plus » et du « casse-toi pauvre con », sans compter les chroniqueurs humoristiques virés comme des malpropres d’une station de radio publique, parce qu’ils ont « gêné le pouvoir » … Tout ce qui sort de la « norme » est nécessairement suspect. Putain de norme. Putain de vous. Putains de moutons incultes et poussant des cris d’orfraies à la vue d’un Goth, d’un Punk, ou d’un Metalleux. Ou d’un teufeur en camion, ou de tant de milieux culturels qui vous foutent la trouille. Eh oui, la haine commence parfois comme cela ...

     

    J'étais paralysé dans mon lit, accablé par les délires et la souffrance, me lever pour prendre un verre d'eau demandait un effort presque surhumain, je sursautais à chaque bruit, j'avais l'impression que mon téléphone et Internet étaient sous surveillance, peut être depuis plusieurs années...



    La nuit, il me parvenait des bruits d'explosions, toutes proches de chez moi. J'entendais des gens crier, pleurer et se lamenter à longueur de journée, sans savoir pourquoi. J'étais persuadé que des photos de moi pas très glorieuses étaient exposées dans un endroit public... Et plus encore.

     

    A ce moment, il m'est devenu impossible d'écouter du Metal, peu importe le genre. J'ai donc ressorti mes albums de Renaud, Mark Knopfler, et deux CD de musique de relaxation. Mais cela me faisait plus pleurer qu'autre chose... Je toussais toujours, quoi que beaucoup moins. Mais je me sentais quand même horriblement mal. Non pas physiquement, mais bien mentalement. J'avais l'impression d'en être revenu à un âge mental de 6 ans, et à un niveau de honte qui surpassait tout ce que j'ai connu dans ma vie …


    Le seul lien avec la réalité que je conservais était ma vue. C'est ainsi, qu'un matin, tôt, je vis distinctement la voiture de Skog, chargée à l'arrière de mystérieuses caisses en bois à peine dissimulées par une couverture, quitter le quartier où nous habitions à toute allure ... Ça impliquait un quelconque « trafic »...



    Lors d'un déplacement en ville pour aller consulter un médecin, je revis la même voiture et son conducteur, toujours avec des caisses en bois à l'arrière, escortée cette fois ci par de puissantes motos, d'une marque américaine bien connue de Customs. Mais que faisait-il donc ? Il a profité que j’étais malade… Le salopard. J’étais persuadé par la souffrance d’être coupable, mais les vrais responsables dormaient tranquille.



    Les voix que j'entendais me visaient clairement. Elles parlaient d'un jeune homme, habillé soit tout en noir, soit en treillis camouflage, avec des tee-shirts aux motifs surprenants, voire carrément équivoques, buvant de la bière en pleine rue, faisant le salut nazi, sortant surtout la nuit, chantant en norvégien et rôdant près des cimetières…



    J'ai distinctement entendu, par exemple, « C'est lui que l'on veut appréhender, personne d'autre ! » venant d'un gendarme, ou « On va finir par chopper le gros », venant, vu l'aptitude à parler fort et le peu de vocabulaire employé, d'un membre de la « communauté des gens du voyage ». Utilisons la « novlangue », je ne voudrais pas être taxé de « racisme ».

     

     

    Dans mon esprit délirant, cela ressemblait à rien de moins qu'à un complot. Une machination orchestrée par des personnes qui m'accusaient de tout et n'importe quoi, et voulaient absolument me voir en prison...

     

    Le pire fût à mes yeux, un après-midi dans un centre commercial. Je me sentais observé, je croyais que les gens me reconnaissaient, comme s'ils m'avaient vu en photo… En photo dans le journal ? A la télé ? Dans des affichettes « individu dangereux et armé » diffusées par la police au niveau national ? Où donc, bordel ? Quoi, qui, comment ?



    Je voyais des gendarmes et policiers d'intervention dans tous les coins du bâtiment, prêts à m'arrêter... Mais pour quelle raison ? Je n'étais pas un criminel, encore moins un terroriste ! Je n’ai jamais été ça … Et je ne le serai jamais.



    Je me sentais devenir fou... A tel point que j'ai dit une fois à mes proches : « Je vais descendre, et me rendre, simplement. » Je me voyais déjà partir, encadré par quatre policiers, dans une grosse voiture, directement pour le 36, quai des Orfèvres, à Paris, pour être interrogé, comme si je ne souffrais pas assez à cause de « ce que disent les gens ».


    Je me souviens particulièrement d'une émission télé, un jeu présenté par Nagui, dans lequel cet animateur faisait exactement la même grimace que je faisais sur une photo présente sur mon ordinateur... Photo prise par Skog, inutile de le cacher, ce n’est que la triste et sinistre vérité...



    Mon cœur a failli bondir de ma poitrine quand le présentateur en question a exécuté un remarquable "Devil's Horn", les fameuses Cornes du Diable... le signe de ralliement de la communauté Metal et des Goths. Dans mon âme corrompue, j'étais bel et bien visé. Et je ne compte plus les spectateurs déguisés en "faucheuses" que j'ai vu sur la route du Tour de France, un après midi... Parce que j'en aurai parlé sur un forum aujourd'hui disparu, évoquant des velléités suicidaires quand j'allais mal ?

     

    Ridicule, aurais-je pensé dans une situation normale ! Mais dans de telles circonstances, j'en venais à penser que j'avais été espionné, sous surveillance via Internet, pendant quatre années au moins...

     
    Pire encore : j'ai entendu distinctement (dans mes hallucinations, toujours) mes proches dire, un soir, « On a mis les petits en sécurité ». Sauf que dans notre famille, le terme « petit » signifie « enfant en bas âge ». Autre élément troublant : lors d'un rendez-vous chez un para-psychologue (qui s'est révélé inefficace), j'ai vu un panneau annonçant la direction d'une « ronde celtique » ... Et je ne comptais plus les fois, à ces moments, où j'entendais des comptines pour enfants et des cris d’enfants en bas âge jouant non loin. Sachant que je n'ai JAMAIS eu de rapports non protégés avec qui que ce soit, comment aurais-je pu engendrer à moi tout seul plus d'une centaine d'enfants, avec des jeunes filles habitant à l'autre bout de la France ? Inconcevable, inexplicable, impossible à prouver ! Qui l’a fait à ma place, et m’a laissé me faire accuser ? Sans doute le même que celui qui a fait tout le reste.

     

    Pour l'anniversaire de mon frère, nous sommes allés manger au restaurant, au bord d'un lac. J'avais l'impression d'être déjà venu dans cet endroit, dans des circonstances peu glorieuses, il y a quelques années de cela... Je croyais me souvenir de ce restaurant, d'une cave décorée d'ossements humains, d'un redresseur de torts dans une salle décorée de croix chrétiennes, me parlant d'une deuxième chance, de reconversion, de pardon, d'excuses, alors que j'étais en pleurs, vêtu d'un jean, de baskets... et de mon t shirt Iron Maiden... Mon esprit était en perdition totale.

     
    Un jeune de mon âge se leva, et me fit un signe, en souriant... Je ne le connaissais même pas ! Vint alors le menu. Et là... Un article du journal régional, imprimé sur la couverture du menu... « Antoine M., étudiant le jour, sataniste la nuit » avec une photo d'une sombre alcôve... Je me sentais clairement visé. Mais avec le recul des années, j’ai comme l’impression que quelqu’un ou plusieurs personnes ont comme voulu « imprimer » ce que je n’ai pas fait dans ma mémoire la plus secrète, la plus confuse...

     

    Le passage à basse vitesse d'une voiture de gendarmerie me fit trembler de peur, et alors que j'aurais dû être heureux de fêter un anniversaire, j'étais complètement prostré, tétanisé par ce qu'il se passait dans mon esprit en ébullition psychotique, terrassé par la frayeur, tremblant comme une feuille.



    Au retour de cette sortie, qui pour moi fût un enfer... Sur l'autoroute, notre voiture fût suivie du départ du restaurant à l'arrivée chez nous, par un véhicule que j'ai cru reconnaître comme appartenant à mon patron de l'époque... Avec un chef, de cette entreprise, à bord...

     
    A croire, dans mon esprit corrompu par le mal, que mon employeur aussi se posait des questions sur mon compte… Après tout, quoi de plus normal pour une société de transport routier spécialisée dans la chimie, le pétrolier, autant de domaines sensibles, de sites où il faut montrer patte blanche trois fois pour charger ou décharger des marchandises classées comme dangereuses ?

     

    Ne pouvant rester seul 3 semaines sur Grenoble, au vu de mon état, je partis en Bretagne avec ma famille. Et quelques jours après mon arrivée sur place, j'ai ressenti que mes ennuis m'avaient suivi... Au marché, les passants me regardaient, me toisaient, me jugeaient... Je voyais les gendarmes tourner dans le quartier, et lancer des regards peu amicaux. Comme traitement, mon médecin m'avait prescrit deux anxiolytiques avant le départ. Ça me soulageait, mais c'était encore insuffisant. Je ne pouvais toujours pas écouter de Metal. Jusque là, Skog m'avait laissé tranquille, mais il m'a laissé un message en me demandant de le rappeler, d'une façon plutôt expéditive. Je ne l'ai pas fait. J'ai changé de numéro de téléphone mobile, et d'adresse mail. Avant de revenir sur Grenoble, j'ai pris rendez vous avec mon médecin généraliste. Il fallait en finir …


    Au retour, j'ai été voir mon camping-car, que j'avais laissé sur le parking. Il était encore là, personne n'y avait touché. Un mot, sur le pare-brise, disait ceci : « Nous nous demandons où tu es passé. Nous sommes inquiets pour toi. Rappelle nous vite. Nordland et Skog. ». Et voilà ...

     

    J'ai rappelé Nordland seulement. Je suis allé le voir tout de suite... Il m'a immédiatement demandé des explications. Parce qu'il était venu dans le quartier où j'habitais à l'époque, et avait vu un déploiement surprenant de policiers et de gendarmes, ainsi que sur son lieu de travail, dans un centre commercial bien connu de Grenoble. Il ne savait rien de ma maladie, de ce que j’avais réellement fait ou pas.



    Je lui ai tout raconté, d'un bloc... il m'a assuré de son soutien. Trois jours plus tard, j'étais hospitalisé en clinique psychiatrique, de ma propre volonté. Il fallait mettre un terme à ce mal, et ce n’était pas un simple burn-out. Ni un acte « volontaire » de « nuisance », encore moins un « trouble à l’ordre public », certainement pas une « préparation d’acte terroriste satanique néo-nazi ».



    Il fallait remettre les choses à leur place, et force est de constater, des années après ces tristes événements, que je n’avais rien d’autre à me reprocher que d’avoir fréquenté les mauvaises personnes, au mauvais moment. Pas de les avoir aidé dans leurs actions innommables, ni de les avoir imité, je n’ai jamais été comme cela, et je ne le serai jamais, les gens qui me connaissent depuis longtemps le savent bien ...



    Hélas, la peur fait vendre, la peur fait voter à droite, la peur paralyse l’esprit critique de ceux qui en manquent déjà. Alors, l’incompréhension du voisinage quant à la réelle nature de ma maladie, leurs sourires de compassion d’une hypocrisie mal camouflée, alors qu’eux-mêmes ont déparlé sur mon compte, et dans mon dos, sur ce que j’ai « peut être fait », sur ce que j’ai « peut être dit », sur mes habitudes « bizarres », « hors norme » (la norme, encore et toujours)



    Ah, mais non, il ne faut pas faire des campagnes de prévention et d’information sur les maladies psychiques. Il faut foutre la trouille à tout le pays, faire des associations d’idées avec des actes criminels, saupoudrer le tout avec la complaisance du pouvoir… Et voilà, le tour est joué. Envoyez la bonne soupe, ou plutôt, envoyez le bouzin. Car les médias se régalent de la misère, de la souffrance, de la merde. Pourquoi croyez-vous que je ne regarde plus la TV ?

     

                                 Chapitre VI : retour d’entre les fantômes et démons...


    Les symptômes connus de la maladie (hallucinations auditives/olfactives, délires de persécution/complot, bouffées d'angoisse et crises de larmes...) se sont atténués progressivement dans les 48 heures suivant mon arrivée à la clinique. Traitement de choc et doses de cheval : antipsychotique en gouttes et en cachets trois fois par jour, antidépresseur et anxiolytique. Je ne faisais pas grand chose de mes journées... Le matin, petit déjeuner et toilette, un peu de rangement dans ma chambre, la visite du psychiatre, le repas de midi, une sieste, et j'essayais d'occuper mon après midi. Maman venait me voir tous les jours, avant le repas du soir. A trois reprises, j'ai pu sortir de la clinique quelques heures, pour rentrer chez moi et prendre des affaires. Mes parents sont d’ailleurs les seules personnes de mon entourage à être venus me voir sur mon lit d’hôpital. Sans doute que mes vrais amis (hormis Skog) voulaient me laisser me rétablir, ou avaient été « inquiétés » par des questions que leur auraient posées les gendarmeries locales sur mon compte, pendant que je délirais. Il est toujours plus facile de s’attaquer à quelqu’un qui souffre, et la veulerie de certains est proportionnelle à la souffrance de la personne qu’ils ne connaissent que bien mal … La « réputation » du Metal chez le populo fait le reste.



    Je me suis mis à lire, pour occuper mes journées, des livres sur les runes de divination notamment, la magie blanche, la tradition celtique et scandinave, et j'ai recommencé à écouter du Metal, petit à petit. J'ai renoncé à jouer à la plupart des jeux que j'avais sur l'ordinateur, parce qu'ils étaient trop violents... La vie à la clinique se passait bien, je parlais avec beaucoup de patients, je faisais des ballades avec eux, je prenais le soleil... Mon psychiatre me rassurait, et ça me faisait du bien : entre personnes souffrant du même mal, on se comprend forcément à demi-mots, sans peur de l’autre ...



    J'ai décidé de prendre un tournant radical, de donner un sens à ma vie. J'ai commencé par mettre de côté les jeux, CD et films trop violents de côté, j’en ai revendu certains.

     

    Je ne donnais plus de nouvelles à Skog... J'ai revendu le camping-car, et renoncé définitivement à la vie de bohème. Je me suis mis à écrire, et notamment une lettre à mon père, que je n'ai toujours pas envoyée... Cet enfoiré a foutu mon enfance en l’air, et une partie de ma vie aussi. Je ne lui pardonnerai jamais. Pas même sur sa tombe.

     

    La vie devait reprendre le dessus, malgré tout. La vie sociale, la vie familiale, la vie professionnelle aussi. J'ai appelé mon patron, en lui disant que je ne reprendrai pas le travail avant plusieurs mois. Il m'a répondu : « Prenez le temps de vous soigner, et revenez-nous en forme. » Bon. Maman me proposait de reprendre des études, une fois que je serai guéri. Et pourquoi faire ? Je ne me voyais pas poser mon arrière-train sur les bancs d'une université, à préparer un diplôme... Je ne me sentais bon qu'à conduire un camion. Je me sous-estimais gravement. Aujourd'hui, je regrette un peu d'avoir laissé cet aspect de la question de côté. Pour autant, quand les profs rageurs, vieux-jeu et « pue de la gueule » vous définissent en « échec scolaire » depuis l’âge de 7 ans, est-ce que vous avez envie de reprendre des études après le Bac que vous avez eu de justesse, pour retrouver le même genre de personnes ? Surtout aux examens, si si, vous savez. Les examinateurs. Ceux qui vous écoutent réciter votre leçon, mais qui ne savent rien, et qui ne veulent rien faire à part vous saquer, surtout si vous vous montrez plus stratège qu’eux. On en a tous connu...

     

    Mon hospitalisation dura un mois et demi. J'ai demandé à sortir de la clinique une fois que je me suis senti mieux, ce fut fait sans problèmes. Le diagnostic tomba, comme un coup de massue : schizophrénie paranoïde. L’annonce de ma maladie à ma mère par le psychiatre n’a pris que 2 minutes 30 chrono. Vive la psychiatrie Française. J'avais un traitement à prendre, à peine diminué, et un autre psychiatre à consulter, en ville... J'y fus, trois fois, avant d'en changer. Je finis par en trouver un qui aidait vraiment les jeunes dans mon cas. Il me proposa la forme injectable du traitement, je finis par accepter, pendant un temps (surtout pour reprendre le travail), j'ai eu des injections intramusculaires tous les 15 jours. Et le même traitement... durant des années. A vie ? Peut-être pas, au vu de certains changements ...

     

    Chapitre VII : la vie reprend ses droits, malgré tout.

     

    Avec l'accord de mon psychiatre et une visite médicale du travail favorable, je pus reprendre le travail, dans la même entreprise. Nous sommes en février 2011. Cela se passa plutôt bien : voyages en Italie, en Suisse, en Espagne, retour à une existence de chauffeur routier. Jusqu'en juin de la même année... J'avais alors manqué mon rendez vous chez le psychiatre deux fois de suite... Lequel appela la médecine du travail, et je passais à nouveau une visite médicale. Cette fois ci, je finis par être déclaré inapte au transport de matières dangereuses (la spécialité de mon patron), ainsi qu'à tout poste de sécurité. Donc, licenciement pour inaptitude en vue... Ils m'ont proposé un poste de mécanicien poids lourds, à Mulhouse... J'ai refusé, car je n'ai aucun diplôme correspondant, aucune connaissance dans ce domaine, et aucune envie d'aller à Mulhouse. Le licenciement prit un mois environ. Terminé. Malgré tout, j'ai compris leur décision, vu ma maladie, mon traitement, ça faisait prendre trop de risques, à moi comme à tout le monde, de continuer ainsi. Et, je ne leur en veux pas.



    S'il est vrai que des maladies comme la mienne font peur, ce n'est que faute d'informations satisfaisantes et impartiales sur le sujet. Sans compter la politique de l'information par la peur ... qui n'aide pas. Les médias commerciaux font du sensationnel ... pour vendre. Ni plus, ni moins. Et je ne me saborderais pas en baissant mon froc à la télé pour parler du blog que vous êtes en train de lire, croyez-le bien. Je préfère la radio publique et son ton, son niveau aussi.



    Je filais m'inscrire au pôle emploi, dont je salue en passant l'efficacité et la rapidité (c'est ironique), et cherchais activement un autre emploi... Je me suis inscrit dans plusieurs agences intérim. D'août à octobre, j'ai fait trois courtes missions, qui m'ont un peu occupé, sans plus. Je savais que la saison de sports d'hiver commençait début décembre. Donc j'ai à nouveau postulé, sur conseil d'Orèl la Farfadette, pour un poste de chauffeur livreur, en blanchisserie, comme à l'hiver 2009/2010. Engagé.

     

    Entre temps, je m'étais installé seul en appartement, à Grenoble même. Enfin indépendant ! Cela allait me faire du bien. J'ai donc commencé mon nouvel emploi mi décembre. J'apprivoisais rapidement ma tournée... mais je rentrais épuisé chaque soir, et je ne mettais pas longtemps à m'endormir. Tout se passa plutôt bien jusqu'au début du mois de mars 2012, quand mon médecin me mit en arrêt de travail, pour TAG : Troubles de l'Angoisse Généralisés... Non, ce n'est pas une rechute, mais des séquelles de la maladie. Il fallait que je me fasse une raison : ce métier est devenu trop dur physiquement et moralement, par rapport à mon état de santé.

     

    J'en viens donc à parler de reconversion avec mes proches. Et là, ils se renseignent, et m'apprennent l'existence d'un organisme s'occupant de la reconversion professionnelle des personnes atteintes d'un handicap psychique. Il faut appeler les choses par leur vrai nom. Je commence donc par compléter et renvoyer un dossier à la Maison Départementale des Personnes Handicapées, étape nécessaire pour la suite. Réponse quelques jours plus tard : dossier complet, en cours de traitement. Ouf. Maintenant, j'attends, et je cherche des idées de formation pour la suite. Et j’ai attendu … et j’attends toujours. Ça semble interminable. Celles et ceux dans ma situation le savent.

     

    Culturellement aussi, j'ai repris une vie normale. Ou presque. J'ai surtout revu Nordland, finalement, c'était le seul ami 'talleux de l'époque qui a compris l'ampleur de ma souffrance et tout ce que cela impliquait. J'ai appris à me méfier des "profiteurs", et ça n'a pas manqué, croyez-moi. Quelques mauvaises surprises plus tard, et des années après, j'ai "fait le tri". Je n'ai plus aucun contact avec Skog depuis l'été 2012. C'est mieux ainsi. Je ne souhaite pas retourner dans la noirceur, j'en ai tellement souffert. J'essaie d'oublier, c'est dur, c'est long, mais il le faut !

     

    Je vois toujours mon psychiatre, c'est essentiel pour la bonne prise en charge de ma maladie. Et je prends correctement mon traitement. Les effets secondaires ne manquent pas, mais je n'ai aucune envie de faire une rechute. Cela me ferait trop mal.

     

    Pour dresser le bilan de tout cela ... Je dirais que mon intelligence et ma bonté m'ont joué des tours. Jamais, je pense, je ne saurais exactement tout ce qu'il s'est réellement passé pendant que je délirais... et finalement, je ne préfère pas savoir tout ça, se faire du mal est inutile. Maintenant, je sais avec certitude que si quelqu'un a commis des actes indescriptibles, s'est comporté de façon indicible envers la réalité de l'Histoire, a prétendu ne rien savoir devant les forces de l'ordre., en me laissant me faire accuser de tout et surtout de n’importe quoi... c'est bien Skog lui même. Il a sans doute eu des complices, mais est-ce qu’un seul membre de la bande a seulement été entendu par les gendarmes, suspecté, accusé, jugé, condamné en justice ? Non, bien sûr. Sinon, je l’aurais su.

     

    Quant aux déclencheurs de ma maladie, ils sont nombreux. Tout d'abord, il y a l'absence et le manque de mon père, que je n'ai vu que deux fois quand j'étais jeune, et ce n'est pas une perte. Ensuite, il y a une dépression nerveuse à l'adolescence, je vous l'ai déjà écrit. Non seulement la faute des profs aigris, mais la faute au harcèlement scolaire, qui n’est ni « une légende », ni « des blagues sans conséquence », encore moins « cé normal boloss ». En troisième position, le régime amaigrissant prescrit par le charlatan diplômé. Je ne pouvais pas envisager une seule seconde que le déficit en féculents dans mon alimentation d'alors allait me retourner le cerveau à ce point ! Et enfin, en dernier, il y a eu la fatigue, la bronchite juste avant la bouffée délirante, et bien sûr l'incident sur la route, avec les « gens du voyage ». J'en profite pour les remercier du fond du cœur pour le bordel incroyable qu'ils ont foutu dans mon ancien quartier... dans le but de « rembourser les dégâts », quitte à voler des voitures de personnes qui n'avaient rien à voir avec tout ça, le tout pour 500 € de réparations sur une voiture assurée tous risques, évidemment. Il faut bien qu'ils « travaillent » ...

     

    Aujourd'hui, j'aspire juste à vivre normalement. J'ai toujours un projet : partir vivre à la campagne... mais j'avoue qu'un endroit où les maisons ne sont pas chères, où il y a des dolmens, et où le calme demeure, me plairait tout autant.

     

    Je ne souhaite pas que ce texte soit une leçon de morale, juste qu'il puisse servir d'exemple à ne pas suivre en ce qui concerne l'implication dans la face sombre de la culture Metal.

     

    - Krähvenn "Trollsson" Vargbroder, mercenaire Troll des Clans de l'Est, en exil. Texte original datant de mi-2012, actualisé en octobre 2017.


    Tags Tags : , , , , , , , , , , , ,
  • Commentaires

    1
    Jayjay
    Vendredi 4 Mai 2012 à 21:06

    Que dire...
    Je pense que tu reviens de loin après toutes ces épreuves, mais je pense aussi que tu iras très loin, tu ne peux qu'être plus fort après tout cela .
    Allez je te souhaite que tous tes projets se réalisent et te dis à très bientot pour une bonne bière de Bourgogne sur mes Terres ;)

    2
    hippy tom
    Mardi 8 Mai 2012 à 05:33

    Tu es allé dans le coté obscure de la force, tu t'es brulé les ailes, maintenant preserve ce qu'il reste de ta santé avec constance et le temps fera le reste. Mais merci pour ce témoignage, il pourra je l'espere aider des jeunes a ne pas empreinter cette même voie. Tu as un talent pour l'ecriture, continues, la création est une thérapie. Hug

    3
    Jeudi 31 Mai 2012 à 21:44
    MCPN

    Merci de ton messge... Je te souhaite que du bonheur.


     http://schizo-non.allmyblog.com/205-chemin-de-haine.html

    4
    Clapton
    Lundi 28 Avril 2014 à 22:05

    Très cher Mollux =P
    Tu es un GRAND homme BRAVO !


    Rien d'autre à ajouté !

    5
    Midnight
    Mardi 3 Juin 2014 à 20:28

    Salut Maitre Troll,


    T'as beaucoup de courage d'avoir fait tout ça, j'ai la même maladie que toi et franchement t'as un beau parcours. (et des idées ...)


    Bravo, chapeau. Voilà


    Longue et belle route à toi.


     


    midnight.

    6
    Saatana
    Lundi 3 Juillet à 11:12

    Texte vraiment cool à lire et qui m'a fait beaucoup de bien en ce lundi matin super glauque.

    Par contre, simple avis perso, je pense que le Metal, le Black ou autre n'ont rien à voir la dedans.

    Je pense que, malheureusement, tu avais cette maladie en toi depuis le début. Et elle fini toujours par nous pété à la gueule...

      • Lundi 3 Juillet à 19:50

        Bonsoir, et merci pour ton commentaire !

        Oui, le Metal en général, ni le BM, n'ont pas grand chose à voir dans cette histoire... excepté les mauvaises rencontres que j'ai fait dans ce milieu. Et c'est ça, additionné avec le reste (les souffrances durant mon enfance et mon adolescence, la pression au boulot, le régime...), et en effet, la dépression nerveuse que j'ai connu quand j'étais jeune adulte, ce sont toutes ces choses qui ont "fait péter" la maladie, comme tu le dis. Triste réalité...

        Tu sais, cette terrible histoire m'a au moins appris deux choses :

        - Dans tous les milieux (culturels, politiques, sociaux...), il y a des gens bien, et des abrutis finis.

        - Il ne faut pas chercher d'être le plus "extrême" possible, ni le plus "true" possible, ni autre chose, dans le simple but de se faire des amis... Ça n'en vaut pas la peine.

        J'imagine que tu as vu l'adresse de mon blog sur un forum ayant trait au BM, ou à la culture Metal en général, ou à la culture Goth.

        Si tu veux en discuter plus longuement (en toute amitié), je te laisse me contacter par le formulaire de contact du blog, en haut à droite de la page.

        A bientôt ;)

        - Antonin "Troll" :)

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :